Parcourir le monde en sac à dos avec pour seul outil un ordinateur, travailler les pieds dans l’eau en sirotant un délicieux cocktail, écrire dans un van aménagé face à de somptueux décors… Bon nombre de nomades digitaux partagent leur vie de rêve sur les réseaux sociaux. Gagner plus et vivre mieux tout en travaillant moins, telle est leur devise et il faut dire que le concept est plus qu’alléchant ! Mais, la promesse d’un équilibre entre liberté et stabilité financière est-elle vraiment au rendez-vous ? Quel est l’envers du décor ? Quels métiers, quelles formations pour devenir digital nomad ? Entre avantages, inconvénients, conseils, quiz ou encore destinations, je réponds à toutes vos interrogations sur ce mode de vie dans ce guide très complet.
C’est quoi concrètement un digital nomad ? Eh bien, pour faire simple, c’est une personne qui exerce un métier dans le numérique lui permettant de travailler de n’importe où. Pour cela, il suffit d’avoir un ordinateur et une bonne connexion internet. Au-delà d’une activité professionnelle, ce qu’il faut retenir c’est que c’est plus un style de vie. Une envie, une manière de vivre différente d’un travailleur lambda. Bien loin du classique combo métro-boulot-dodo, ce choix de vie comporte de nombreux avantages.
On distingue 3 profils de digital nomads :
Quand on parle de digital nomad, on a automatiquement l’image du gars qui voyage dans son van rétro Volkswagen joliment aménagé. Si effectivement ce n’est pas qu’un stéréotype, il existe différents types de nomades numériques.
C’est le profil qui représente tout à fait le cliché que je viens de vous présenter. Il n’a pas de résidence fixe, il voyage de façon permanente tout en travaillant. Il faut être très organisée.
Il part sur une période de quelques mois dans un ou plusieurs pays. L’avantage de ce mode de vie, c’est qu’il permet de trouver un bon équilibre entre voyage et travail.
Il part s’installer dans un pays étranger durant un à deux ans, en couple ou en famille. S’expatrier permet de prendre le temps de créer de nouveaux liens et d’appréhender la vie locale et la culture, d’apprendre une nouvelle langue et de revenir ou de repartir ailleurs.
Il rejoint un peu le nomade à mi-temps. Disons qu’il permet d’expérimenter le mode de vie. Il voyage généralement de quelques semaines à trois mois par an.
Les voyages, les rencontres, le temps pour soi ou pour ses proches… Ce mode vie est effectivement plein d’avantages, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il séduit autant. Cependant, cette liberté à un prix. Et il est important de connaître l’envers du décor avant de se lancer dans l’aventure.
Maintenant que vous savez ce qu’est un digital nomad, faisons un petit tour d’horizon sur les métiers qui sont compatibles avec ce mode de vie.
C’est évidemment le premier métier auquel je pense puisque c’est celui que j’ai choisi pour ma reconversion et celui que j’exerce aujourd’hui. En quoi consiste-t-il ? Pages de ventes, fiches produits, articles de blogs… Le rédacteur web rédige des contenus optimisés pour offrir de la visibilité sur le web à ses clients. Attention, un bon rédacteur doit avoir de solides connaissances en SEO, en grammaire, en orthographe…
Le web designer accompagne ses clients dans la création de leur site internet. De préférence, il doit avoir des compétences en développement pour mener de façon optimale ses missions.
Le motion designer est un graphiste qui donne vie à des images. Cela peut être sous forme de vidéos explicatives, de vidéos promotionnelles, d’animation logo, d’animation générique… Si ce métier vous intéresse, voici une interview de Gilles, un motion designer nomad.
Connu sous le nom de concepteur de personnage, comme son nom l’indique, le character designer crée et donne vie à des personnages (animaux, créatures…) pour des jeux vidéos ou de l’animation.
Aussi appelé 3D Generalist ou modeleur 3D, l’artiste 3D est un spécialiste de la création 3D (oui, ça fait beaucoup de 3D). Objets, personnages, décors, voitures… Il conçoit des éléments numériques via des logiciels 3D (ou 2D).
Découvrez l’histoire Yunae, artiste 3D, illustratrice et digital nomad.
« UX » pour expérience utilisateur et « UI » pour interface utilisateur. L’un est axé sur l’expérience et le parcours des internautes, l’autre est basé sur le design final de l’interface. C’est un métier recherché puisqu’une bonne expérience utilisateur sur un site internet est primordiale pour la réussite des entreprises.
Gagner sa vie grâce à un blog monétisé, c’est possible. Vous écrivez sur des sujets qui vous passionnent comme le voyage, la mode, la décoration, la cuisine.
Ces dernières années, le podcast s’est développé à une allure fulgurante. Son rôle est de narrer des histoires sur des thématiques variées. En gros, il informe le public de façon gratuite et ludique à travers un support audio.
Si vous scrollez régulièrement les réseaux sociaux (notamment TikTok), vous n’avez pas pu passer à côté du vlog. Mélange de vidéo et de blog, il s’agit de publier de courtes vidéos sous forme de journal intime documentant la vie quotidienne de l’auteur. Pour les marques, il permet de faire la promotion de produits, de présenter l’entreprise de manière plus humaine et intime dans le but de nouer une relation forte avec ses clients.
Ce métier consiste à gérer les réseaux sociaux de marques, associations, créateurs, blogueurs… De A à Z. Cela englobe l’animation de la communauté, la création de calendriers éditos, la modération des commentaires… Sur les différents réseaux sociaux de son ou ses clients.
Identité de marque, message, publicité, valeur du contenu auprès des prospects, développement des produits… Son rôle est d’analyser tout l’écosystème de communication de l’entreprise de son client pour l’orienter au mieux.
Il existe tellement de métiers à exercer pour devenir digital nomad que je ne pouvais pas vous les décrire un à un. Toutefois, voici une seconde liste de professions qui sont compatibles avec ce mode de vie.
Nous avons vu : les différents types de métiers, les avantages et les inconvénients. Faisons maintenant un petit test pour savoir si cette vie est faite pour vous.
Si vous avez déjà un travail dans un de ces secteurs, la question ne pose pas. Toutefois, si c’est dans le cadre d’une reconversion, il faut avoir une attirance pour un métier adéquat avec la vie de nomade. C’est même capital. Cette future activité, ce sera votre quotidien, votre gagne-pain et il n’y a rien de pire que de faire quelque chose que l’on n’aime pas. Votre motivation et votre détermination à réussir seront inévitablement impactées.
On l’a vu au début de cet article, ce style de vie comporte de nombreux avantages. Néanmoins, pour réussir à gagner cette indépendance, vos motivations sont cruciales. Ce sont elles qui vont vous porter, vous rebooster pour atteindre vos objectifs. Outre le fait de voyager, comme je vous le disais précédemment, vous devez chercher à vous épanouir professionnellement. C’est la clé pour être un digital nomad heureux. Alors, quelles sont vos motivations ?
La vie de digital nomad est un véritable ascenseur émotionnel, un subtil mélange de stress et de doutes au quotidien. On peut vite se laisser aller dans nos pensées négatives et prendre de mauvaises habitudes. C’est pour cette raison que votre capacité à vous autodiscipliner est capitale. Dans la vie courante, comment êtes-vous ? Savez-vous vous autodiscipliner ?
Le changement de vie, votre nouvelle entreprise et ses aléas, la solitude… Devenir digital nomad, ce sont des hauts et des bas, des défaites et des victoires, rien n’est stable. Vous allez faire face à de nombreuses embûches dans votre parcours, il faut donc être tenace. Êtes-vous persévérants dans la vie de tous les jours ?
Selon une étude fiverr workspace, 30 % de travailleurs à distance reconnaissent que le manque d’interaction sociale remet en cause leur bonheur. Eh oui, en voyage ou à la maison, lorsque l’on travaille seul sur un ordinateur, la solitude peut vite se faire ressentir.
Alors, comment la gérez-vous au quotidien ?
Tiny house, van ou simple sac à dos, si vous partez une grande partie de l’année, il faut être capable de se contenter de l’essentiel, que ce soit dans votre valise ou votre mode de vie. Parce que, si vous aimez votre petit confort, cela peut vite vous coûter cher d’être digital nomad. Alors êtes-vous prêts à revoir votre train de vie actuel ?
Votre autonomie et le fait que vous alliez au bout de vos projets vont vous permettre de tenir le cap même si vous rencontrez des pépins sur la route. Vous êtes donc faits pour la vie de digital nomad !
Vous n’êtes pas très courageux, vous avez besoin d’un cadre pour avancer et ne pas vous laisser aller. Je vous déconseille de vous lancer dans l’aventure.
Vous n’avez pas confiance en vous, en vos capacités et cela se ressent dans vos choix : vous avez besoin de sécurité. Avancez pas à pas, de façon rassurante, mais passez à l’action. On n’a rien sans rien !
Ça y est, vous êtes ultra-motivés et vous avez envie de vous lancer ? Bah, allez, c’est parti ! Mais avant toute chose, si vous voulez qu’il soit viable, un projet, ça se prépare.
Si vous êtes dans le cadre d’une reconversion, quitte à changer de voie, autant faire de son métier une passion. Je le redis et le re-redis, c’est essentiel. Et comme l’a si bien résumé notre cher Confucius : « Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. ». Alors, faisons le point ensemble.
Maintenant que vous avez listé les points précédents, il faut vérifier qu’il existe un marché. Voici quelques exemples :
Vous n’avez pas les compétences requises ? Formez-vous. Toutefois, gare aux vendeurs de rêves. Aujourd’hui, bon nombre d’organismes de formations peu scrupuleux fleurissent sur le web. Outre ces imposteurs, certaines formations vendues à prix d’or, sont bien trop théoriques et manquent de pratiques. Bref, pour ne pas vous faire avoir, fouiner le web, les avis, rejoignez des groupes de pros sur Facebook dans la niche qui vous intéresse et renseignez-vous. Privilégiez des cours avec des mises en situation réelles, c’est bien plus formateur.
Une fois formé, il va falloir être patient. Sauf si vous êtes chanceux, les premiers clients ne se bousculent pas à la porte. Ne lâchez pas, tout vient à point à qui sait attendre. Démarchez et démarchez encore !
Une fois que vous avez glané vos premiers euros, fixez-vous des objectifs trimestriels chiffrés. Après avoir budgété, il est temps de choisir votre première destination. Afin de vous lancer dans votre nouvelle vie en douceur, partez seul sur une courte durée (1 à 2 semaines), puis à votre retour, faites le bilan.
Par où commencer ? Où partir ? C’est la question que tout digital nomad s’est déjà posée pour expérimenter son nouveau style de vie. Il existe une plateforme nommée Nomad List qui regroupe les destinations les plus adaptées au nomadisme numérique. Selon les avis de la communauté, elle vous propose les pays les plus populaires avec une fiche détaillée sur chacun d’entre eux. Vous y retrouverez de nombreuses informations comme : le score de qualité de vie, le score de démarrage, le coût de la vie, la connexion internet, la sécurité, les hôpitaux…
Voici le top 10 des meilleures destinations dans lesquelles faire du nomadisme :
Ce classement est en constante évolution et se base sur les avis des digital nomads membres de la communauté. Alors, n’hésitez pas à consulter le site régulièrement.
Changer de voie professionnelle, c’est ce que j’ai fait à 33 ans. Je vous raconte mon histoire.
Après un baccalauréat de dessinateur maquettiste, j’ai eu beaucoup de petits boulots divers et variés avant de travailler dans le prêt-à-porter féminin. Un poste de vendeuse que j’ai occupé plus de 10 ans dans la même entreprise. Seulement, avec deux enfants en bas âges et un mari souvent en déplacement, rentrer chez moi tous les soirs à 19 h 45, travailler tous les samedis, c’était clairement plus possible. Je me revois un soir, en train de donner le biberon à mon fils de 3 mois dans un bras et faire manger ma fille de deux ans avec l’autre, le tout dans les pleurs, l’énervement, le stress… Enfin, bref, vous voyez le tableau. Pourtant, après cette soirée, j’ai longuement attendu avant de prendre ma décision. J’avais une stabilité financière, mon train-train quotidien, des collègues devenues des amies… Ce fut un long cheminement. Mais en février 2020, je suis partie. Pour quoi faire ? Je n’en avais aucune idée, tout ce que je savais c’est que je voulais juste un boulot avec des horaires plus souples. Oui, j’ai quitté mon emploi sans aucun projet derrière.
Mes anciens patrons étaient conciliants, j’ai donc eu la chance d’obtenir une rupture conventionnelle. Celle-ci m’a permis d’avoir le droit au chômage. Très clairement, je voulais faire un break, faire le point sur ce que je voulais et ce dont je ne désirais plus pour ma future vie pro. La Covid a pointé le bout de son nez, mon papa a eu de gros soucis de santé… Comment vous dire que j’ai eu beaucoup de mal à faire ce bilan, enfin, j’ai mis beaucoup (trop) de temps.
Pour occuper mes journées de chômeuses, j’ai commencé à publier des photos mode et déco sur Instagram, ouais en mode influenceuse. 😉 Suite à cette expérience, je voulais travailler sur les réseaux sociaux, je voulais devenir community manager. Alors, j’ai cherché des témoignages de personnes qui s’étaient reconvertis et surtout qui avaient réussi, mais j’en trouvais très peu. En parallèle (toujours par pur loisir), j’ai créé un site internet pour partager ma passion de la mode. J’ai donc écrit mon premier article. Je vous laisse deviner la suite.
Maintenant que j’avais trouvé ma voie, il fallait que je me forme et là encore le processus a été long. Comme je vous le disais, trouver LA formation, ce n’est pas si simple. Je voulais acquérir un max de compétences dans le but de me jeter à l’eau illico. Après des mois de recherches, le 15 octobre 2021, je commençais (enfin) la formation intensive de Lucie Rondelet (à cette période, elle était encore éligible CPF). Trois mois après, nous sommes en janvier 2023, j’ai fini ma formation et mon chômage se termine en mars. J’ai moins de deux mois pour réussir…
Après beaucoup (vraiment beaucoup) de prospection et de travail bénévole, j’ai très vite trouvé mes premiers clients. Cependant, à la fin de mes droits, je ne vivais toujours pas de mon activité. Il m’a fallu bien 10 mois pour y parvenir. Mon bilan un an après ? Malgré de nombreux doutes, je n’ai aucun regret ! Je fais un travail que j’adore, je travaille d’où je veux, quand je le veux. Je peux passer du temps en famille quand cela me chante. Par exemple : quand je pars en vacances, j’adapte mes horaires, je commence tôt pour me balader l’après-midi.
D’après mes recherches personnelles, ainsi que les avis de mes amis rédacteurs qui les ont suivis, voici quelques très bonnes formations.
Vous voilà arrivés à la fin de ce long billet, j’espère qu’il a répondu à vos nombreuses interrogations. N’hésitez pas à me le dire en commentaire.
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